Prix Numérique : électronique, photonique, IA et cyberBruno Arnaldi, Valérie Gouranton et Florian Nouviale

Préparer les mondes virtuels de demain  


Bruno Arnaldi, Valérie Gouranton et Florian Nouviale sont récompensés pour leurs travaux sur le logiciel Xareus. Leur outil permet aux développeurs de mondes virtuels de gagner un précieux temps de travail.

Avec la réalité virtuelle, augmentée ou mixte, il devient possible au chirurgien de se former dans un bloc opératoire numérique, à l’archéologue d’effectuer une fouille virtuelle, à l’artiste de créer une œuvre numérique, ou simplement de s’amuser dans un univers purement imaginaire ou plus vrai que nature. L’utilisateur ne devine pas le travail effectué pour construire ces applications informatiques. Ce travail est celui des développeurs d’application virtuelles. Des artisans du numérique qui imaginent et réalisent des maquettes de toutes tailles, depuis le simple clou jusqu’à l’entièreté d’une galaxie. Un travail fastidieux que deux enseignants-chercheurs et un ingénieur de recherche de l’INSA Rennes simplifient grâce à un logiciel d’aide au développement : Xareus.

« Il permet d’afficher les interactions possibles entre objets virtuels », illustre Valérie Gouranton, l’une des trois têtes derrière le logiciel. En sélectionnant un tournevis dans la VR, par exemple, les différentes vis compatibles vont s’afficher en surbrillance. « Mais cela permet aussi de prévoir comment se fait la pose des mains sur l’objet », continue la chercheuse. « En fait, on va représenter toutes les actions possibles de l’utilisateur. C’est un point fastidieux du développement d’une application virtuelle. » Les informaticiens parlent de « code de bas niveau », peu intéressant à écrire. Avec Xareus, une partie de ce travail est transformée en programmation graphique.

« L’objectif, c’est le no-code », enchérit Bruno Arnaldi, le deuxième du trio. En d’autres termes, la possibilité de créer des objets numériques sans rien connaître du langage informatique. Le logiciel n’atteint pas encore ce Graal mais ses qualités ont déjà été éprouvées. Bruno Arnaldi détaille : « Orange l’utilise dans le cadre d’une thèse que nous avons en partenariat et l’entreprise paie une licence pour l’exploiter plus largement. Nous nous en servons également dans le cadre de nos projets de recherche et nos cours aux étudiants et le proposons en accès libre pour les recherches académiques ».

Crédits photos : Alexis Chézière

Les trois scientifiques cherchent désormais un porteur de projet qui puisse éditer, développer et déployer Xareus plus largement. « C’est déjà du clefs-en-main », rassure Florian Nouviale, l’ingénieur de l’équipe. « Nous avons été accompagnés par une équipe de 3 développeurs pendant 18 mois pour arriver à un produit prêt à l’emploi. » Xareus peut ainsi se fixer sur le logiciel de l’un des leaders du marché, Unity 3D. À partir de ce socle, la petite équipe continue d’intégrer de nouvelles fonctionnalités permettant, par exemple, à plusieurs utilisateurs de manipuler le même objet en même temps.

« Recevoir un prix, c’est une reconnaissance de tout ce travail, mais aujourd’hui, nous espérons trouver un éditeur de logiciel pour que Xareus vive de lui-même. » Dans leurs bureaux du premier étage du bâtiment de l’Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires (IRISA), à Beaulieu, Bruno Arnaldi, Valérie Gouranton et Florian Nouviale philosophent sur les frontières de la recherche académique lors d’un transfert technologique. Ils ont fait leur part et maintenant, ils aimeraient que leur logiciel d’aide à la programmation de réalité virtuelle puisse vivre de ses propres ailes.

Quel accompagnement de la part de la SATT Ouest Valorisation ?

« Xaerus a pu bénéficier d’un programme de maturation avec la mise à disposition de trois ingénieurs pendant 18 mois afin d’accroître le niveau de maturité du code et le rendre industriel. La SATT Ouest Valorisation a également financé une étude de marché et le processus de création et de choix du nom du logiciel. »

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