Lannion : les étudiant·es à l'épreuve d'une cybercrise

Exercice inédit à Lannion : étudiantes et étudiants de l'IUT et de l'ENSSAT ont participé ensemble à une activité pédagogique interdisciplinaire à l'occasion de la semaine intersemestre 2024.
Une étudiante prend la parole devant des étudiants journalistes. En fond, la façade l'IUT de Lannion

Une co-conception et une coopération source d'enrichissement mutuels

L'idée de développer un module inter-composante, entre l'ENSSAT et l'IUT de Lannion, a émergé naturellement en 2023.

En effet, dans le cadre de leur formation, les élèves en dernière année du cycle d'ingénieur à l'ENSSAT participent chaque année à une semaine d'enseignement pour « faire un pas de côté » avec leur cursus, et s'ouvrir à d'autres compétences. Parmi les propositions au choix : team-building, entrepreneuriat, communication interculturelle, éco-conception. Ce dernier module figurant désormais au programme initial, son auteur, Philippe Quémerais, a réfléchi à un nouveau sujet à aborder. La notion de « crise » et ses multiples facettes lui a semblé pertinente à étudier pour des futur·es professionnel·les qui risquent d'y être confrontés dans de nombreux contexte.

En parallèle, à l'IUT de Lannion, depuis une dizaine d'années, les deux promotions de 2e année bénéficient d'une journée de formation à la communication de crise en décembre, pilotée par Sandy Montañola responsable de formation en journalisme. Ce dispositif, qui évolue chaque année, se base une simulation la plus concrète possible.

Informé de cet exercice éprouvé, Philippe Quémerais et Sandy Montañola ont co-conçu une déclinaison susceptible d'embarquer les élèves ingénieurs et les étudiant·es de 3e année de l'IUT. Soutenus par les équipes pédagogiques, ils ont également fait appel à des partenaires internes et externes pour partager leurs expertises, contribuer à l'acculturation progressive pour « jouer » la simulation, et les accompagner le jour J.

Un dispositif en conditions réelles

Le scénario de la cybercrise choisi s'inspire de situations réelles répertoriées par l'agence du numérique en santé.

3 cellules de crise ont été montées, chacune composée de plusieurs profils, sur le modèle réel de celles existantes au sein des organisations :

  • direction générale,
  • pilotage de la cellule,
  • direction des ressources humaines,
  • responsable métier, communication (2 personnes)

Chaque cellule a travaillé sous le regard d'un « observateur », expert de la sécurité informatique.

Les « responsables de la communication » (issus de l'IUT de Lannion), ont été encadrés par une professionnelle, Ingrid Parrot-Caroff. Leur objectif  : soumettre une stratégie de communication avant de répondre aux médias. Les « porte-paroles » (issus de l'ENSSAT) ont quant à eux bénéficié de media-training avant d'entrer en plateau.

Un préfet récemment retraité, Michel Marquer, a procédé à un exposé théorique et circonstancié pour éclairer l'ensemble des participant·es sur la gestion de crise.

Plusieurs enseignantes et enseignants ont jouer le rôle de stimuli pour incarner différents acteurs (services internes, journalistes) sollicitant les celles de crises par téléphone, mails, tout au long de la simulation.

Chaque participante et participant a pu intervenir sur ses domaines de compétences, nous avons travaillé sur la base d'un dialogue continu. Les étudiantes et étudiants ont beaucoup apprécié d'apprendre à travailler avec des personnes dont les profils et activités sont différents Sandy Montañola

Un module à renouveler et développer

Savoir gérer une crise fait partie des compétences transversales à acquérir, dans le cadre des transitions environnementales, numériques et sociétales. Philippe Quémerais

De l'avis de tous, cet exercice a été une réussite. Pour capitaliser sur cette expérimentation qui a nécessité une mobilisation significative, ce module sera au minimum renouvelé à l'échelle de Lannion, avec des perspectives de déclinaisons au niveau d'autres composantes de l'Université de Rennes envisagées.

Plusieurs partenaires ont d'ores et déjà fait connaître leur intérêt pour cette initiative.